Mardi 13 mai 2008
par Philippe, Agnès, Juliette et Louise
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Jeudi 24 avril 2008
Effectivement les connexions dans les parcs naturels sont difficiles. Désolé pour ce silence mais je pense l'avoir déjà dit c'est un désert ici. Qui plus est assez chaud puisque nous avons franchi le tropique du capricorne.

Pas de photos ce coup ci parce que le blog est plein... je cherche donc une solution qui pourrait tout simplement passer par un autre blog...

Reprise donc du feuilleton :

Après Perth nous avons désormais hâte de remonter vers le nord. La barrière de corail de Ningaloo n'est pas la seule raison de cette impatience. Nous étions impatients de retrouver Craig et Victoria avec qui nous sommes co-propriétaire d'un petit bateau gonflable. Pas énorme avec ses 3,5 mètres et son moteur deux temps de 8 cv mais bien suffisant pour aller naviguer sur le récif. On s'est trouvé ce bateau d'occasion sur Perth contre 2750 dollars (à diviser par deux comme vous l'aurez compris). Craig et Victoria viennent de Sydney ils font comme nous le tour de l'Australie et en tant que biologistes marins de profession aiment la mer et tout ce qui s'y trouve.

Avant de les retrouver nous sommes passés par les Pinnacles (une étonnante formation géologique découverte récemment) et nous avons marché sur des Stromatolithes, sans aucun respect pour cette plus ancienne forme vivante au monde. Salut les ancêtres !

On les a retrouvés avec ce beau petit gonflable tout blanc à Denham peu de temps après le passage d'un cyclone c'est la fin de la saison mais il y a toujours des petits restes.

On commence à voir des Lamentins (c'est furtif le lamentin, des tortues et des dauphins). Mais c'est bien sur Ningaloo Reef que l'Australie que nous recherchions s'est présentée à nous. Autant dire que le petit bateau a fait beaucoup de sorties. Nous étions installés dans le Cape Ranger National Park dans un tout petit camping au  bord de la mer. Nos nuits étaient bercées par d'énormes vagues qui se brisaient au loin sur la barrière de corail. La journée n'était que mer. J'ai passé ainsi la matinée de mon 45ème anniversaire en tenant Juliette et Louise par la main dans une eau à 28 degrés au milieu de requins à pointes blanches et à pointes noires. Plutôt sympa comme cadeau non ?

Nous quittons cette région et Exmouth avec beaucoup de difficultés.

Nous vous embrassons tous.

Merci encore pour tous les commentaires

Philippe
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Mardi 22 avril 2008

Beaucoup de nouveautés depuis la dernière fois. Je vous propose un ordre plus ou moins chronologique. Nous nous sommes donc quittés alors que nous venions de dire au revoir à l'océan austral. Nos derniers véritables adieux ont eu lieu en haut de la falaise du "Point de d'Entrecasteaux" (du nom d'un marin français envoyé sur les traces de Lapérouse par la Convention en 1791). Un océan magistral avec sa houle directement venue de l'Antarctique après avoir traversé les cinquantièmes hurlants et les quarantième rugissants. On avait appris à l'aimer depuis qu'on le côtoyait en suivant la côte (pléonasme) méridionale de l'Australie. Il n'aura pas été bien chaud et souvent très agité mais on appréciait sa prestance en se demandant ce qui pourrait bien nous pousser à nous retrouver là dedans dans un petit voilier… Et bien on n'a pas trouvé de réponse ! Bye bye donc cette mer du grand sud avec notamment deux belles plongées à Albany, dont l'une sur un navire de guerre australien coulé pour le bonheur des plongeurs ! C'est pas en France qu'on aurait ça, j'imaginais tout d'un coup le Clémenceau coulé dans la rade de Marseille plutôt que d'avoir fait ses derniers ronds dans l'eau (au fait, il est enfin désamianté et démantelé ce porte avion ?). Bref les Australiens l'ont fait, après avoir obturé les endroits dangereux et ouvert de grands passages qui permettent de traverser de part en part ce navire. On a découvert l'endroit grâce à Karine et Greg, rencontrés à Lucky Bay. Ils réunissent à la fois les qualités de plongeurs, motards et de sympathie. C'est dire. Merci encore pour votre accueil !

 

Après Albany nous avons traversé des forêts de gigantesques eucalyptus et marché sur des passerelles qui nous ont fait accéder à la canopée. Découverte aussi dans la forêt d'énormes spécimens…

 

Après Cape Leeuwin (et la photo "océan austral – océan indien" que vous avez déjà vue sur ce blog) et des milliers de kilomètres en direction de l'ouest nous voici plein nord vers les eaux chaudes et les tropiques.

 

Mais avant cela quelque jours dans la région de Margaret River, une des grandes régions viticoles australiennes et retrouvailles avec Laurent et Laurence, un couple de jeunes Français que nous avions rencontrés à Port Lincoln (la ville des thons et des grands requins blancs) et qui s'étaient posés là pendant quelques jours pour… vendanger. Ils nous ont présentés leurs amis (aussi français vendangeurs…) et nous avons passé une très belle soirée tous ensembles à River Mouth (encore un des meilleurs spots de surf au monde).

 

Avant Perth nous avons rencontrés Marie Do et Stéphane, et leurs quatre enfants, ils nous avaient contactés sur le net à propos des cours du Cned et d'un post qu'Agnès avaient laissé sur un forum. Cela faisait une paire de semaines qu'ils s'étaient posés à Bunbury. Originaires de la région de Grenoble, en fait entre Grenoble et Chambéry, ils ont échangé leur maison pendant une année avec une famille de Bunbury (voir leur site). Là encore, soirée bien sympathique et matinée de mécanique avec Stéphane à la recherche de l'origine de ces ratés à bas régime et à chaud sur le VW (finalement il s'agissait de la bobine haute tension…). Le prochain arrêt a été Perth.

 

Capitale de l'Australie occidentale, Perth est aussi la ville la plus isolée au monde. On est ici plus proche de Djakarta que de la capitale fédérale Canberra. C'est aussi là qu'habitent Claire et Gary Ward. Claire, anglaise, était la correspondante de… c'est assez compliqué à suivre en tout cas Agnès et elle se sont rencontrées il y a quelque temps… Bref la famille Ward nous a accueilli. Ils ont quatre enfants dont deux filles installées aux Etats-Unis et des jumeaux que nous avons rencontrés et qui en marge du lycée réalisent des courts métrages. Nous nous sommes posés et reposés une semaine chez eux avec cette agréable sensation de retrouver une maison. C'est là que les filles sont allés chercher des œufs de Pâques dans le jardin (le chien de Gary et Claire les a d'ailleurs parfois devancé).

Claire et Gary habitent entre Perth et Fremantle là même où était organisée l'America's Cup. Le port abrite aussi deux superbes musées maritimes. Peter Stone m'avait recommandé d'aller y rencontrer Pat Baker. Anglais, il était venu pour plonger sur une épave et finalement il est resté en Australie. Il est le photographe attitré du musée, nous avons parlé évidemment épaves et il m'a présenté la conservatrice du musée Myra Stanbury qui m'a offert le livre "Lapérouse and the loss of the Astrolabe and the Boussole"… ma bibliothèque maritime se complète…
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Samedi 22 mars 2008

Après l'océan pacifique, la mer de Tasmanie, le détroit de Bass et l'océan austral nous voilà arrivés sur les rives de l'océan indien. 5000 kilomètres où presque par la route entre notre point de départ, Sydney, et la pointe sud ouest de l'Australie. C'est comme si on avait fait Lisbonne Moscou.
Et comme on a fait beaucoup de petites routes, on se retrouve avec 10 000 kilomètres de plus au compteur du Van

La rencontre avec ce dernier océan qui manquait encore à notre connaissance a eu lieu au pied du phare du Cap Leeuwin. Ca a été une petite émotion de se retrouver là. Vraiment.

Au fait, Joyeuses Pâques ! Juliette et Louise iront demain matin chercher des oeufs en chocolat et aussi des lapins (encore en chocolat) dans le très joli jardin de Garry et Claire qui nous hébergent quelques jours ici à Perth.

Philippe
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par Philippe, Agnès, Juliette et Louise
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Vendredi 21 mars 2008
Une journée de plage à Denmark, une journée comme une autre... Une de plus en ce mois de mars qui annonce l'automne... Et quelques images d'enfants qui ont l'air de bien s'amuser.


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Vendredi 21 mars 2008

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Si vous avez pris la peine de lire le long article sur le Nullarbor vous aurez vu que nous retrouvons maintenant souvent des gens tout au long de la route et surtout sur la route du sud que nous devons tous emprunter. Ces gens deviennent des connaissances, puis des amis. Ainsi Andrew et Danièle et leurs filles Imageen et Evory. On les a vu débarquer sur le petit port de Point Sainclair, juste à côté de Cactus beach un des trois ou quatre must du surf en Australie. Andrew est un vrai fana de surf. Charpentier de son métier il a pris un long congé,a embarqué sa famille dans une caravane qu'il a retapé et qu'il tracte derrière son pick-up bleu roi. Sur le toit du Holden (marque automobile australienne dans le giron General Motors), plusieurs planches. Andrew a comme spécialité le 360 degrés, un tour complet sur la vague. Autre spécialité, l'invention. Pour réaliser ses tours complets sur lui même il a développé un concept de planche et il travaille sur un nouveau profil. Sans parler de toutes les améliorations apportées à la caravane. Andrew et Danièle nous ont présenté lors d'un barbecue sur une des plages d'Esperance Craig et Victoria et leurs enfants Josh et Chloé. Ils ont loué leur maison de Sydney pour faire le tour de l'Australie en sept mois et depuis cette soirée on se suit avec plus ou moins de distance. Ils nous ont rejoint à Lucky Bay, un parc national façon petit paradis sur terre avec plages de sable blanc et… douches chaudes en pleine nature… à 70 km à l'est d'Esperance. On était parti là bas pour faire une belle plongée du bord. Et on y est resté trois/quatre jours.

 

Une plongée que nous avons failli ne pas faire. Alors que nous étions fin prêts en train de suer sous le soleil dans nos combinaisons (l'eau est à une vingtaine de degrés) voilà qu'une touriste irlandaise nous annonce qu'un "grand requin" se baladait la veille juste à l'endroit où nous avions l'intention de barboter… Hésitations et finalement vérification auprès du ranger (le garde) qui nous dit qu'il ne s'agissait "que" d'un "bronze whaler", un requin cuivre. Nous y sommes donc allés dans une visibilité assez réduite (5/6 mètres) et nous n'avons pas vu de requins.

 

Craig et Victoria que nous ne connaissions que très peu nous ont fait la surprise de nous rejoindre. Nous avons découvert avec eux les environs, avec des dauphins qui surfent dans les vagues de la baie du Duc D'Orléans… Beaucoup de noms français dans les parages. Ils témoignent des expéditions dont celle de d'Entrecastaux envoyé en 1791 sur les traces de La Pérouse dont on n'avait plus de nouvelles depuis plus de deux ans. Une de ses frégates s'appelait l'Espérance. Il y a eu aussi celles de Nicolas Baudin à bord des navires le Géographe et le Naturaliste. Et il s'en est fallu de pas grand chose pour que l'Australie ne devienne française. Un peu plus de chance, de détermination et un peu moins de troubles à cette époque en France…

 

Nous aussi nous avons fait les naturalistes, ici c'est quelque chose de… naturel. Louise a trouvé un squelette de dragon de mer. Et j'ai découvert un minuscule opossum qui avait pris ses quartiers dans ma combinaison de plongée qui séchait pendue à un eucalyptus.

 

Puis nous avons repris la route et tout le monde s'est retrouvé près de Denmark pour l'anniversaire d'Agnès que nous avons célébré en compagnie de Andrew et Danièle comme il se doit sur une plage.

 

 

Philippe

 

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Mardi 18 mars 2008
IMG_5690.JPGIMG_5698.JPGIMG_5702.JPGIMG_5707.JPGIMG_5712.JPG IMG_5730-copie-1.JPGIMG_5760.JPGIMG_5813.JPGIMG_5815.JPGIMG_5819.JPGIMG_5827.JPG
Nullarbor. Le nom à lui seul est une invitation au voyage. Les latinistes auront décodé : "L'endroit sans arbre".
"Prenez beaucoup d'eau" vous conseillent les Australiens dont la plupart rêvent de faire ce voyage. Nullarbor est un désert qu'il faut traverser d'une façon ou d'une autre si on veut rejoindre Perth en suivant la côte sud. La navigation est facile, il n'y a qu'une seule route. Elle est jalonnée de Road Houses qui sont un condensé d'épicerie, station-service, motel, camping et bloc sanitaire avec douche chaude plus ou moins chère, le tout parfois dans le meilleur style "Bagdad Café". Une oasis de vie et d'activité au milieu de nulle part. On calcule la consommation de son moteur. Avec nos 650 kilomètres d'autonomie nous ne sommes pas inquiets mais avec des engins comme ma Yamaha 500 XT il faudrait prendre un bidon d'essence (ou son réservoir "Paris-Dakar") et encore...
Une dernière pause à Penang et nous voilà lancés dans le désert et ses interminables lignes droites. Un désert est rarement ce que l'on imagine. Pas de grandes dunes sahariennes au sud de l'Australie même si on croise parfois des… dromadaires. Importés au XIXème siècle certains sont revenus à l'état sauvage. Nous avons eu la chance d'en voir quelques uns. Autre nouveauté zoologique pour nous, les dingos. Agnès était au volant quand elle nous parle d'un "chien au bord de la route". Stop ! Il s'agissait bien d'un dingo. Il nous a observé de loin avant de traverser la route en boitant. On l'a rencontré peu après avoir franchi une grille qui traverse la route sur trois, quatre mètres de large. Cette grille qui a "récolté" pas mal d'enjoliveurs… fait partie de la "dog fence", une barrière qui protège l'essentiel de l'Australie méridionale des dingos. Cela fait plusieurs milliers d'années qu'ils sont arrivés sur l'île continent, probablement lors de contacts entre pêcheurs indonésiens et aborigènes et pourtant les scientifiques se divisent : animal féral ou pas ? Autrement dit, faut-il laisser errer ce qui s'apparente à un loup ? En attendant les Australiens se protègent. Et nous, nous verrons d'autres dingos plus ou moins apprivoisés, errer autour des road houses.
Pas de grandes dunes sahariennes donc mais depuis Penang la végétation s'est considérablement raréfiée. On avance dans une grande plaine, une steppe où pousse une herbe rare. Le vent nous pousse. Notre consommation chute à 9 litres au 100 (du sans plomb à un euros le litre). On s'en tient à 3000 tours minutes, un bon 100 kilomètres heure. Tout le monde roule à cette vitesse, road trains compris. Résultat : on ne double personne, de toute façon la circulation est plutôt rare. Et quand on croise quelqu'un, on lui fait un petit signe. Comme des motards en France. Lors de ses premières rencontres on lève la main, comme si on croisait une vieille connaissance. On a l'air un peu emprunté et puis on améliore sa gestuelle. On finit par simplement décoller crânement l'index du volant. A l'australienne. Ca peut paraître puéril mais on se sent moins seul.
 
Parfois la route s'élargit après un très large passage pour piétons. Des piétons ? Et nous voilà sur une des pistes d'atterrissage de secours. Ca doit faire bizarre de se retrouver face à un avion en détresse en train de se poser.
 
De temps en temps un "look out" permet d'avoir une belle vue sur les falaises qui dominent l'océan austral. En fait la route longe à quelques centaines de mètres, parfois plusieurs kilomètres un océan qui ronge peu à peu les falaises.
 
Nous nous sommes ainsi souvent arrêtés. Pour le simple plaisir de s'arrêter et de découvrir un endroit. Et de faire des rencontres. On est rarement seul dans un désert. On a croisé Jo chauffeur routier capable de faire Perth Adélaïde, soit 2716 kilomètres, en une trentaine d'heures. Cela fait trois décennies qu'il fait ce boulot. A son époque les drogues étaient meilleures que celles que prennent les jeunes chauffeurs. Depuis il a laissé tombé. Toutes les cinq heures il arrête son énorme Kenworth blanc et vert de 500 chevaux qui tracte deux remorques, il fait quelques pas autour de la road house, prend un café et repart. A l'écouter, la nouvelle génération ne prend pas cette peine et utilise d'autres substances, inscrites au tableau B… Il faut tenir sa moyenne, les contrôles sont accrus, même si des différences existent entre les états australiens. Pour répondre au marché… et aux bénéfices… des remorques ont été ajoutées et la puissance des moteurs est montée en flèche. Dans deux mois Jo recevra son nouveau camion, toujours un Kenworth mais avec 650 chevaux sous son long capot. Avant il "attrapait" le 150 kilomètres heures… mais uniquement dans certaines conditions. Là, il s'en tiendra à 100 km/h mais tout le temps, quelle que soit la configuration de la route. "Comme ça tout le monde est content, les bureaucrates qui font les règlements, les clients, nos patrons, et nous les chauffeurs nous sommes de plus en plus stressés".
 
On s'est donc arrêtés souvent. On a même vu la plus belle fille du Nullarbor. Elle sert des cafés dans la road house de Caiguna. Tout le monde vous donne des tas de conseils avant de traverser ce désert, on nous a même dit où nous ne devions pas nous arrêter parce que c'était beaucoup trop cher. Esprit de contradiction ? Nous y avons fait étape pour voir qu'effectivement l'essence coûtait deux cents de plus le litre… Donc parmi ces deux endroits où il ne fallait surtout pas ralentir, Caiguna. C'est là que Jessica s'est posée. Avec des origines mauriciennes, elle vit à Adélaïde où elle étudiait les beaux arts. Et quand je lui ai demandé ce qu'elle pouvait bien faire au milieu de nulle part du Nullarbor, elle m'a répondu qu'elle s'était isolée pour pouvoir mieux travailler sa peinture. Caiguna marque le début de la plus longue ligne droite d'Australie, certains disent du monde. Cent quarante six kilomètres parfaitement rectilignes. Pas si ennuyeux que ça. Nous avons conduit ,Agnès et moi, chacun à notre tour. J'ai pris beaucoup de photos et beaucoup filmé aussi (c'est très pratique le van pour ça). 
 
Et puis le Nullarbor c'est le lieu des retrouvailles. Tout le monde suit la même route, alors on retrouve des connaissances qui deviennent vite des copains. On a ainsi rattrapé Andrew et Danièle et leurs filles rencontrés à Cactus Beach. Ils cuisinaient juste à l'entrée du Border Village, le village frontière entre l'Australie méridionale et l'Australie occidentale. La raison de cet arrêt culinaire ? La quarantaine bien sûr. Interdiction de faire passer des légumes, des fruits, jusqu'au miel qui est interdit. Alors on jette, on cuisine ou on mange.
 
En s'arrêtant juste après un petit col pour profiter du point de vue et aussi pour chercher un coin pour dormir nous sommes tombés sur Markus et Suzy et leurs petits et aussi Marteen qui voyage avec eux. On les avait déjà vu à Coffin Bay (voir le passage sur les saumons et les abeilles). Je parlerai plus tard de cette étonnante tribu en déplacement dont nous faisons partie.
 
Il nous aura fallu deux jours (dont beaucoup d'arrêts) pour traverser cette savane australienne. Belladonia est la dernière road house. Le coin a connu son heure de gloire en 1979 quand le satellite Skylab est "revenu" sur la terre… Jimmy Carter, alors président américain aurait même appelé la road house pour présenter des excuses… A voir. En tout cas un petit musée abrite quelques morceaux du satellite. Il ne nous restait après ça que 200 kilomètres. Nous les avons parcouru au milieu d'une gigantesque forêt d'eucalyptus de 250 000 kilomètres carrés, soit la moitié de la France.
 
Norseman marquait la fin de la traversée et le début d'un pays minier (L'or)[1]. Retrouvailles (bis) avec Andrew et Danièle. Nous étions désormais bien en Western Australia.
 
 
Philippe
 


[1] Référence à Blaise Cendrars
par Philippe, Agnès, Juliette et Louise
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Mardi 11 mars 2008
bonjour a tous,

on est bien arrives au Western australia, excellente traversee du desert du nullarbor, article suivra. Difficile de trouver internet dans cet etat. 

Nouveau numero de telephone avec une bien meilleure couverture :

00 61 (0) 4 58 45 38 11

amities a tous

philippe

PS on a celebre l anniversaire d agnes sur la plage de Denmark avec des amis australiens qui font comme nous le tour de l australie. 

PS Bis tres bon anniversaire a Lea et a Christophe (vous venez quand ?)
par Philippe, Agnès, Juliette et Louise
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Vendredi 22 février 2008
On est en ce moment à Ceduna où on s'est même loué une "cabin" un bungalow. Le grand luxe avec même une télé qui nous a permis de voir le journal de France 2 (l'édition de 20h) retransmise ici à 9h30 avec quelques nouvelles de notre ami Sarkozy, tiens sans Carla (ici beaucoup nous parlent de la femme du French Prime minister sic) et de François Fillon qui l'a dépassé dans les sondages. Et bien il s'en passe des choses pendant qu'on n'est pas là ! Quelques jours plus tôt on a suivi le feuilleton "Jours tranquilles à Neuilly.

Donc Ceduna, c'est la dernière ville avant d'affronter le Nullarbor (l'endroit sans arbre...). "Prenez beaucoup d'eau" nous conseillent tous les Australiens que nous croisons avant d'ajouter que nous allons faire ce que beaucoup de leurs compatriotes rêvent de faire. 
Cela veut dire aussi que question internet on risque d'être un peu moins présents au moins jusqu'à notre arrivée dans une ville décente dans le Western Australia. 
On a un peu de mal à quitter cette Australie méridionale même si la météo est décidemment fluctuante. Il faut dire qu'on continue à faire d'étonnantes rencontres. Ainsi, en attendant l'heure de l'ouverture de la poste je parle de la pluie et du beau temps avec un homme d'une soixantaine d'années qui attend lui aussi. De fil en aiguille la conversation prend de la teneur et il s'avère que je discute avec Kiwi White, profession Tuna Spotter c'est à dire "guetteur de thons". En clair du haut de son Cessna 337 (un avion légendaire voir le site
http://avions.legendaires.free.fr/o2.php) avec Barry aux commandes, un ancien de l'US Air Force et ex commandant de 747 dans le civil, Kiwi sait mieux que quiconque repérer d'en haut les bancs de thons au large de Céduna pour les flottes venues de Port Lincoln. Il les dirige vers les bancs de plusieurs dizaines de tonnes (il fait aussi l'évaluation de là haut) à l'aide de téléphone satellite. Les moyens engagés sont énormes, il faut dire que le prix d'un beau thon atteint largement celui d'une très bonne berline allemande (allez faire respecter les quotas de pêche en Méditerranée après ça...). Au fait, un plongeur (qui entretient les grandes cages de thon et fait parfois sortir les requins de ces cages...) gagne entre 2500 et 3000 dollars par... semaine. Je crois que je vais devenir "commercial diver".

Bref un personnage que ce Kiwi . En 1966 après avoir vu un reportage sur une célèbre vague en Afrique du Sud quitte Port Lincoln, sa planche de surf sous le bras et 100 livres en poche. Il ne reviendra que 5 ans plus tard après avoir parcouru le monde en auto stop, fait tous les métiers et trainé en France en 1968 (il se souvient des vagues du pays basque et d'avoir beaucoup marché à Avignon, entre autres). Tout le reste est encore à écrire, les pêches, le surf, les requins, les plongées (évidemment il est plongeur), les séjours en Croatie, au Mexique, à Malte bref partout où il y a du thon. 

On s'est vu plusieurs fois en deux jours. Avec Barry il est passé le soir dans notre bungalow. Good wine et good cakes ! J'ai même échangé quelques mots avec Tony Santic, un des big boss du thon, que Kiwi m'a passé au téléphone et qui se rendait dans un des bateaux de sa flotte sur le site de bancs de sardines avec lesquelles ils nourrissent les thons. 

Voilà, je pense qu'on reviendra dans les parages. Et j'espère que nous aurons aussi beaucoup de visites en France. 

Philippe

PS : le site de Kiwi
http://www.kiwiwhite.com/


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Vendredi 22 février 2008
IMG_5410.JPGAprès Port Lincoln et une bonne lessive au lavomatic local nous sommes allés à Coffin Bay, une quarantaine de kilomètres maxi mais c'était bon de reprendre la route. Coffin Bay est vraiment un endroit ravissant, un petit village de 400 habitants au fond d'une baie. On s'est posé une soirée au camping local, le temps de sécher le linge ce qui a été l'objet de quelques minutes avec la canicule et on est allé se baigner. Et là, juste sous nos palmes des centaines d'oursins, tous comestibles (les noirs ne le sont pas à l'inverse des bruns des verdâtres et des violets) et d'une taille respectable. Seraient ils bons ? Une seule façon pour le savoir…
 
Retour au camping, là sous l'œil curieux, parfois carrément dégoûté, de quelques pêcheurs australiens qui ne pensaient pas que c'était possible, je les ai ouverts avec mes cisailles de plongée et là, le bonheur intégral. OK on ne ferait pas cette année la traditionnelle oursinade du club de plongée des Dauphins d'Avignon (voir les liens) mais à quelques jours près on allait s'en faire une mémorable sans vin blanc mais avec une excellente Foster. Une australienne originaire de… La Rochelle et qui n'en a jamais mangé nous a demandé de montrer ce que c'était à son mari (australien) qui n'a pas vraiment été convaincu. Bref c'était copieux (même pour des oursins) et délicieux.
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IMG_5484.JPGLe lendemain de ce festin direction le Parc National de Coffin Bay. Une petite route magnifique et "viroleuse" à souhait serpente entre d'anciennes dunes. Au bout de 13 kilomètres on tombe sur la mer. Et alors là, les amis, alors qu'on était en haut d'une petite falaise, on tombe sur deux demi douzaine de dauphins particulièrement excités en train de jouer parmi les algues. Sauf qu'en y regardant de plus près ce ne sont pas des algues mais de gigantesques bancs de poissons au dos noir dans deux mètres d'eau à peine… Sur la plage quelques pêcheurs, une demi-douzaine là aussi, sont tout autant excités. Un pêcheur habitué des épis rocheux de Carnon plage et de toute la côte française serait tombé à genoux dans le sable en train de pleurer. Bref on s'équipe (palme masque tuba et saillante petite combinaison Quicksilver et appareil photo sous-marin) on jette un œil au passage sur le panneau qui dit "nage dangereuse"… et on fonce dans l'eau. Heureusement Agnès traînait un peu car je me suis rapidement trouvé assez loin et pour revenir il a fallu palmer… vigoureusement… à un moment c'était même du surplace. Promis je ne le referai plus mais je peux vous dire que les longues séances de piscine au moins pour la technique ont été efficaces…
Bon, de retour sur la plage, c'est la frénésie chez les quelques pêcheurs et rapidement on se retrouve avec… deux gros saumons australiens… Ne sachant plus qu'en faire ils les rejettent à l'eau ou nous les donnent. Il suffit de leur casser le cou (aux saumons), de creuser un trou dans le sable et de les planter là, ils se vident de leur sang tout en restant au frais. C'est brutal mais efficace.
 
On a fait un festin avec une famille allemande (Markus, Suzy et leurs enfants) et Maartin, un Néerlandais, qui étaient nos voisins du "camp ground" l'aire de camping du parc national.
Le lendemain alors que nous étions tous en train de petit déjeuner, à une dizaine de mètres du van grand ouvert, un essaim d'abeilles avait décidé d'emménager dans le Volkswagen. Des centaines d'abeilles commençaient à s'agglutiner le long de la moquette. Torse nu, le meilleur moyen pour ne pas se faire piquer, armé d'un peu de carton en train de brûler et d'une balayette je les ai gentiment repoussées vers l'extérieur sous l'œil médusé de nos amis européens.
 
Quand nous sommes repartis, quelques minutes plus tard, ça sentait encore un peu le carton brûlé dans la van. Ca m'a rappelé la camionnette de Marcel, mon grand-père, apiculteur de son métier. Evidemment je n'avais pas découvert la technique de la maîtrise d'un essaim tout seul. Son expertise et toute sa science, désormais posthumes, m'ont bien aidé. 

Philippe
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par Philippe, Agnès, Juliette et Louise
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