Beaucoup de nouveautés depuis la dernière fois. Je vous propose un ordre plus ou moins chronologique. Nous nous sommes donc quittés alors que nous venions de dire au revoir à l'océan austral. Nos derniers véritables adieux ont eu lieu en haut de la falaise du "Point de d'Entrecasteaux" (du nom d'un marin français envoyé sur les traces de Lapérouse par la Convention en 1791). Un océan magistral avec sa houle directement venue de l'Antarctique après avoir traversé les cinquantièmes hurlants et les quarantième rugissants. On avait appris à l'aimer depuis qu'on le côtoyait en suivant la côte (pléonasme) méridionale de l'Australie. Il n'aura pas été bien chaud et souvent très agité mais on appréciait sa prestance en se demandant ce qui pourrait bien nous pousser à nous retrouver là dedans dans un petit voilier… Et bien on n'a pas trouvé de réponse ! Bye bye donc cette mer du grand sud avec notamment deux belles plongées à Albany, dont l'une sur un navire de guerre australien coulé pour le bonheur des plongeurs ! C'est pas en France qu'on aurait ça, j'imaginais tout d'un coup le Clémenceau coulé dans la rade de Marseille plutôt que d'avoir fait ses derniers ronds dans l'eau (au fait, il est enfin désamianté et démantelé ce porte avion ?). Bref les Australiens l'ont fait, après avoir obturé les endroits dangereux et ouvert de grands passages qui permettent de traverser de part en part ce navire. On a découvert l'endroit grâce à Karine et Greg, rencontrés à Lucky Bay. Ils réunissent à la fois les qualités de plongeurs, motards et de sympathie. C'est dire. Merci encore pour votre accueil !
Après Albany nous avons traversé des forêts de gigantesques eucalyptus et marché sur des passerelles qui nous ont fait accéder à la canopée. Découverte aussi dans la forêt d'énormes spécimens…
Après Cape Leeuwin (et la photo "océan austral – océan indien" que vous avez déjà vue sur ce blog) et des milliers de kilomètres en direction de l'ouest nous voici plein nord vers les eaux chaudes et les tropiques.
Mais avant cela quelque jours dans la région de Margaret River, une des grandes régions viticoles australiennes et retrouvailles avec Laurent et Laurence, un couple de jeunes Français que nous avions rencontrés à Port Lincoln (la ville des thons et des grands requins blancs) et qui s'étaient posés là pendant quelques jours pour… vendanger. Ils nous ont présentés leurs amis (aussi français vendangeurs…) et nous avons passé une très belle soirée tous ensembles à River Mouth (encore un des meilleurs spots de surf au monde).
Avant Perth nous avons rencontrés Marie Do et Stéphane, et leurs quatre enfants, ils nous avaient contactés sur le net à propos des cours du Cned et d'un post qu'Agnès avaient laissé sur un forum. Cela faisait une paire de semaines qu'ils s'étaient posés à Bunbury. Originaires de la région de Grenoble, en fait entre Grenoble et Chambéry, ils ont échangé leur maison pendant une année avec une famille de Bunbury (voir leur site). Là encore, soirée bien sympathique et matinée de mécanique avec Stéphane à la recherche de l'origine de ces ratés à bas régime et à chaud sur le VW (finalement il s'agissait de la bobine haute tension…). Le prochain arrêt a été Perth.
Capitale de l'Australie occidentale, Perth est aussi la ville la plus isolée au monde. On est ici plus proche de Djakarta que de la capitale fédérale Canberra. C'est aussi là qu'habitent Claire et Gary Ward. Claire, anglaise, était la correspondante de… c'est assez compliqué à suivre en tout cas Agnès et elle se sont rencontrées il y a quelque temps… Bref la famille Ward nous a accueilli. Ils ont quatre enfants dont deux filles installées aux Etats-Unis et des jumeaux que nous avons rencontrés et qui en marge du lycée réalisent des courts métrages. Nous nous sommes posés et reposés une semaine chez eux avec cette agréable sensation de retrouver une maison. C'est là que les filles sont allés chercher des œufs de Pâques dans le jardin (le chien de Gary et Claire les a d'ailleurs parfois devancé).
Claire et Gary habitent entre Perth et Fremantle là même où était organisée l'America's Cup. Le port abrite aussi deux superbes musées maritimes. Peter Stone m'avait recommandé d'aller y rencontrer Pat Baker. Anglais, il était venu pour plonger sur une épave et finalement il est resté en Australie. Il est le photographe attitré du musée, nous avons parlé évidemment épaves et il m'a présenté la conservatrice du musée Myra Stanbury qui m'a offert le livre "Lapérouse and the loss of the Astrolabe and the Boussole"… ma bibliothèque maritime se complète…
Après l'océan pacifique, la mer de Tasmanie, le détroit de Bass et l'océan austral nous voilà arrivés sur les rives de l'océan indien. 5000 kilomètres où presque par la route entre notre
point de départ, Sydney, et la pointe sud ouest de l'Australie. C'est comme si on avait fait Lisbonne Moscou.
Et comme on a fait beaucoup de petites routes, on se retrouve avec 10 000 kilomètres de plus au compteur du Van
La rencontre avec ce dernier océan qui manquait encore à notre connaissance a eu lieu au pied du phare du Cap Leeuwin. Ca a été une petite émotion de se retrouver là. Vraiment.
Au fait, Joyeuses Pâques ! Juliette et Louise iront demain matin chercher des oeufs en chocolat et aussi des lapins (encore en chocolat) dans le très joli jardin de Garry et Claire qui nous
hébergent quelques jours ici à Perth.
Philippe
Si vous avez pris la peine de lire le long article sur le Nullarbor vous aurez vu que nous retrouvons maintenant souvent des gens tout au long de la route et surtout sur la route du sud que nous devons tous emprunter. Ces gens deviennent des connaissances, puis des amis. Ainsi Andrew et Danièle et leurs filles Imageen et Evory. On les a vu débarquer sur le petit port de Point Sainclair, juste à côté de Cactus beach un des trois ou quatre must du surf en Australie. Andrew est un vrai fana de surf. Charpentier de son métier il a pris un long congé,a embarqué sa famille dans une caravane qu'il a retapé et qu'il tracte derrière son pick-up bleu roi. Sur le toit du Holden (marque automobile australienne dans le giron General Motors), plusieurs planches. Andrew a comme spécialité le 360 degrés, un tour complet sur la vague. Autre spécialité, l'invention. Pour réaliser ses tours complets sur lui même il a développé un concept de planche et il travaille sur un nouveau profil. Sans parler de toutes les améliorations apportées à la caravane. Andrew et Danièle nous ont présenté lors d'un barbecue sur une des plages d'Esperance Craig et Victoria et leurs enfants Josh et Chloé. Ils ont loué leur maison de Sydney pour faire le tour de l'Australie en sept mois et depuis cette soirée on se suit avec plus ou moins de distance. Ils nous ont rejoint à Lucky Bay, un parc national façon petit paradis sur terre avec plages de sable blanc et… douches chaudes en pleine nature… à 70 km à l'est d'Esperance. On était parti là bas pour faire une belle plongée du bord. Et on y est resté trois/quatre jours.
Une plongée que nous avons failli ne pas faire. Alors que nous étions fin prêts en train de suer sous le soleil dans nos combinaisons (l'eau est à une vingtaine de degrés) voilà qu'une touriste irlandaise nous annonce qu'un "grand requin" se baladait la veille juste à l'endroit où nous avions l'intention de barboter… Hésitations et finalement vérification auprès du ranger (le garde) qui nous dit qu'il ne s'agissait "que" d'un "bronze whaler", un requin cuivre. Nous y sommes donc allés dans une visibilité assez réduite (5/6 mètres) et nous n'avons pas vu de requins.
Craig et Victoria que nous ne connaissions que très peu nous ont fait la surprise de nous rejoindre. Nous avons découvert avec eux les environs, avec des dauphins qui surfent dans les vagues de la baie du Duc D'Orléans… Beaucoup de noms français dans les parages. Ils témoignent des expéditions dont celle de d'Entrecastaux envoyé en 1791 sur les traces de La Pérouse dont on n'avait plus de nouvelles depuis plus de deux ans. Une de ses frégates s'appelait l'Espérance. Il y a eu aussi celles de Nicolas Baudin à bord des navires le Géographe et le Naturaliste. Et il s'en est fallu de pas grand chose pour que l'Australie ne devienne française. Un peu plus de chance, de détermination et un peu moins de troubles à cette époque en France…
Nous aussi nous avons fait les naturalistes, ici c'est quelque chose de… naturel. Louise a trouvé un squelette de dragon de mer. Et j'ai découvert un minuscule opossum qui avait pris ses quartiers dans ma combinaison de plongée qui séchait pendue à un eucalyptus.
Puis nous avons repris la route et tout le monde s'est retrouvé près de Denmark pour l'anniversaire d'Agnès que nous avons célébré en compagnie de Andrew et Danièle comme il se doit sur une plage.
Philippe
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